Je ne savais pas qu'il y avait eu tant de versions.J'ai regardé un peu les discussions anciennes sur le 'net à propos des apo ronars et je suis tombé sur quelques échanges ... comment dire ? ;-) savoureux entre M. Bob Salomon, qui fut naguère l'importateur étazunien des objectifs Rodenstock, et M. Arne Cröll, bien connu de nos lecteurs, auteur de différents articles de référence sur les objectifs de chambre allemands.
J'avais complètement oublié ce qui fait vraiment la particularité de la série apo ronar CL, en plus des graduations de diaphragmes équidistantes (** note 1) : c'est un montage des lentilles vraiment très spécial, avec usage de colle pour tenir les lentilles, montage très complexe destiné, si j'ai bien compris, à compenser le mieux possible les effets de la dilatation thermique d'une monture faite en dural !
La monture de l'apo ronar CL est donc complètement différente de celle des versions plus anciennes, dont beaucoup sont en laiton avec un montage classique, lentilles en appui dans la monture et plaquées par une bague vissée.
Les apo-ronars vendus sur obturateur, qui sont restés au catalogue jusque vers l'an 2000, ne sont certainement pas CL, ils sont bien plus compacts ; il y a donc eu continuation de la fabrication d'apo ronars en monture dural sans la technique de montage des lentilles « CL ».
À signaler également l'existence des apo ronars pour banc de repro marqués « Klimsch ».
Klimsch & Co KG était un fabricant allemand (basé à Francfort sur le Main, l'entreprise a disparu vers 1995) de bancs de repro & autres machines pour les arts graphiques du siècle dernier. Klimsch avait sa ligne d'objectifs dédiée, fabriquée exprès pour eux par Rodenstock.
En particulier les apo ronars Klimsch pour banc de repro ont une optimisation qui n'est pas forcément pour le rapport 1:1, ; à la demande Klimsch, Rodenstock changeait d'un quart de poil la disposition des lentilles pour que la distorsion soit minimisée, par exemple au rapport 1:10 et non pas au rapport 1:1 qui est la règle de base pour les formules parfaitement symétriques.
À noter, en particulier marqués Klimsch, l'existence de modèles d'apo ronars sans obturateur marqués simplement "L", j'imagine qu'ils sont à montage de lentilles classique, mais avec une commande des diaphragmes à graduations équidistantes.
Terminons en rappelant, si c'était encore nécessaire, cette déclaration
Offizielle (je souligne la 2e phrase en caractères gras)
« Cet objectif apochromatique, de construction symétrique, a été mis au point pour les techniques de reproduction à des échelles définies telles qu'elles sont appliquées dans les Arts Graphiques et en cartographie.
Grâce à sa correction stable, l'objectif Apo-Ronar convient aussi pour la prise de vue à l'infini. Dans ce but, il est fourni avec divers obturateurs. »(** note 1) Je n'utilise jamais l'expression « échelle linéaire des diaphragmes », bien que cela explique le « L » de certains apo-ronars. L'expression « échelle linéaire des diaphragmes » n'a pour moi aucun sens : la progression de la série normalisée des nombres d'ouverture est tout sauf linéaire, puisque c'est une progression géométrique de raison 1,414 ! De plus, ces échelles ne sont jamais tracées sur une droite (autre signification du mot
linéaire), mais presque toujours sur une couronne circulaire ! L'exception étant la réglette accessoire du prontor pro permettant de voir les graduations de diaph depuis l'arrière de la chambre.
Voici donc, une fois n'est pas coutume, une véritable échelle de diaphs linéaire à graduations équidistantes ;-) Je préfère donc, et de loin, parler de
graduations équidistantes, ce qui a un vraiment sens en désignant sans ambiguïté que le passage d'un cran de diaph l'autre s'effectue en tournant la bague d'un angle constant sur toute la gamme.
E.B.Modifié 1 fois. Dernière modification le 08/02/21 10:50 par Emmanuel Bigler.
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