une explication suisse-romande-hologère de l'origine et du sens de "Tip-Top" ?Première explication, c'est celle que je croyais la bonne (parce qu'un horloger me l'avait expliqué ainsi), jusqu'à il y a quelques minutes après une recherche sur Internet.
Pour moi, c'est une onomatopée qui exprime le bon fonctionnement d'une montre mécanique lorsque le choc régulier de l'ancre sur la roue d'ancre
[du moins, pour un échappement à ancre, qu'en Suisse on appelle ancre suisse, qui représente à cette heure la majorité des échappements de montres en service dans le grand public] produit une séquence sonore agréable, signe d'un bon fonctionnement.
En quelque sorte, un tic-tac est un terme générique neutre, il est présent même dans une montre qui tourne mais fonctionne mal ; bien réglé, le tic-tac devient tip-top.
On dira : « c'est réglé tip-top ».
Onomatopées horlogères, dont dérive le
top horaire, qui n'a rien à voir avec un quelconque sommet : « au quatrième top, il sera exactement ....»
Deuxième explication, qui est certainement la bonne, mais qui nous laisse sur notre faim.
Le « tip-top » de Suisse romande vient en fait d'un adjectif allemand
tipptopp, qui veut dire : parfait, impeccable, utilisé par exemple dans l'expression :
Die Maschine ist tipptopp in Ordnung! qui signifie : la machine est dans un état absolument impeccable.
Voir ce site à propos de tipptopp.
Je ne connais pas l'origine de tipptopp en allemand ... mais je soupçonne que c'est la germanisation de l'anglais « le sommet de la pointe », l'allemand étant plus perméable que le français aux anglicismes ! Donc rien à voir avec une onomatopée horlogère francophone !
Damned ! On tourne en rond après avoir fait un passage dans l'arc jurassien horloger !
La perfide Albion en rigole encore !
--------
Quoi qu'il en soit, c'est le propre des bonnes expressions d'
échapper (c'est le cas de le dire) à leurs créateurs, et « tip-top » s'est nettement plus répandu que l'expression « ça joue, ça joue pas », de même origine, qui, elle, n'a guère traversé le Jura.
Quant à l'expression « Damned! » elle fait référence, comme il se doit, aux aventures de Blake & Mortimer, celles de Jacobs, à l'époque qui suivit la deuxième guerre mondiale, où les publications destinées à la jeunesse étaient sévèrement censurées en cas d'écart de langage.
Jacobs avait donc trouvé une astuce pour contourner la censure, ses héros utilisaient des jurons anglais, jurons bien peu choquants au demeurant aujourd'hui, même pour un anglophone (à vérifier si on replace dans le contexte des années 1940-1950, car la force des termes s'affaiblit avec le temps, il n'était sans doute pas bien vu chez les élèves d'Eton de dire : « Damned! » à leurs professeurs).
Chez Jacobs, les bons héros britanniques jurent en anglais ; le méchant Olrik, lui, jure plutôt en français : « Par l'enfer ! »
E.B.Modifié 5 fois. Dernière modification le 18/07/17 12:33 par Emmanuel Bigler.
---------------------------------------