Archives 2013-2023 du forum de galerie-photo.info : esthétique et autres discussions
Le Radeau de la Méduse n4-f4,206684.html
Lien vers les archives du forum :
https://www.galerie-photo.org
Lien vers le forum actuel : https://www.galerie-photo.org/forum/phpBB3
Le Radeau de la Méduse
Envoyé par Zoran
Page 1 sur 6
Aller à la page: 123456
Zoran
Le Radeau de la Méduse
samedi 9 mai 2020 13:36:53 Sur un autre fil ce tableau est cité : [ cartelfr.louvre.fr] Il s'agit bien entendu du Radeau de la Méduse peint par Géricault, une œuvre majeure de la peinture romantique du XIXe, il représente le naufrage d’une frégate en 1816 près des côtes du Sénégal, et illustre l'espoir d'un sauvetage. La question est simple, quel est le sujet dont on peut tirer de ce tableau en dehors de l'aspect illustratif du fait divers ? Autrement dit, il s'agit de dégager le sujet du tableau d'après la surface picturale délimitée par les bords du cadre, et montrer une fois le sujet mis au jour pourquoi cette peinture est un chef d'œuvre. Après avoir parcouru quelques analyses trouvée sur le net, les "analystes" en question ne vous seront pas d'un grand secours. La meilleure piste est donc de se fier à ce que vous voyez. Ajoutons qu'il ne s'agit pas d'une devinette, argumenter un peu sa réponse est bienvenu. Modifié 2 fois. Dernière modification le 09/05/20 13:43 par Zoran.
--------------------------------------- Il y a une progression très subtile dans le sens de lecture.
On passe de la mort, à l'abattement, à l'imploration, puis à l'entraide et l'espoir.
Cependant le vent semble éloigner ce radeau dans le sens opposé où on peut imaginer qu'au loin le salut est peut être à portée.
Modifié 1 fois. Dernière modification le 09/05/20 16:49 par Vest Pocket.
---------------------------------------
Zoran écrivait: ------------------------------------------------------- > > Il s'agit bien entendu du Radeau de la Méduse peint par Géricault, une œuvre > majeure de la peinture romantique du XIXe, il représente le naufrage d’une frégate en 1816
On ne voit pas du tout la représentation d'un naufrage ni d'une frégate (même si à l'origine le tableau était intitulé "Le naufrage").
> La question est simple, quel est le sujet dont on peut tirer de ce tableau en dehors de l'aspect > illustratif du fait divers ?
Serait-il possible de rendre ce charabia compréhensible ?
> Autrement dit, il s'agit de dégager le sujet du tableau d'après la surface picturale délimitée > par les bords du cadre, et montrer une fois le sujet mis au jour pourquoi cette peinture est un > chef d'œuvre. > Ce qui me rappelle une docte conservatrice vue à la télévision faisant remarquer devant cette toile que Géricault, n'ayant jamais su peindre les pieds nus, les camouflait par tous les moyens, le pied nu du personnage en bas à droite lui paraissant particulièrement raté. Il s'ensuit donc que nous n'avons pas là un chef d'oeuvre, le pied en question étant bien dans la surface picturale délimitée par les bords du cadre, pourrait-on dire pompeusement.
Charles
---------------------------------------
Vest Pocket écrivait: ------------------------------------------------------- > Il y a une progression très subtile dans le sens > de lecture. > > On passe de la mort, à l'abattement, à > l'imploration, puis à l'entraide et l'espoir. > > Cependant le vent semble éloigner ce radeau dans > le sens opposé où on peut imaginer qu'au loin le > salut est peut être à portée.
Vous êtes sur la bonne piste.
---------------------------------------
CPB écrivait: ------------------------------------------------------- > Ce qui me rappelle une docte conservatrice vue à > la télévision faisant remarquer devant cette > toile que Géricault, n'ayant jamais su peindre > les pieds nus, les camouflait par tous les moyen Ah la Culture à la télévision, tout un programme ;-) [ www.musee-orsay.fr]
--------------------------------------- Y'a bien des photographes connus qu'on jamais su développer leurs films ou faire leurs tirages eux-mêmes ^^
---------------------------------------
CPB écrivait: -------------------------------------------------------
> > Serait-il possible de rendre ce charabia > compréhensible ? >
En essayant de réfléchir ?
---------------------------------------
La phrase correcte serait plutôt : quel est le sujet de ce tableau en dehors de l'aspect illustratif du fait divers ? —————————————————————————————————— .: jeanbaPhoto ::: jeanbaBlog :.
--------------------------------------- jeanba3000 écrivait: ------------------------------------------------------- > La phrase correcte serait plutôt : quel est le > sujet de ce tableau en dehors de l'aspect > illustratif du fait divers ?
Simple paraphrase.
Premier naufrage : le commentaire de la question, Jeanba3000 + CPB. Mais pas de réponse. Alors, une idée ?
Modifié 2 fois. Dernière modification le 09/05/20 22:36 par Zoran.
---------------------------------------
Le sens de ce tableau : vous serez confinés, quoi qu'il en coûte ; et ça vous coutera, croyez-moi.
---------------------------------------
philippe_de écrivait: ------------------------------------------------------- > Le sens de ce tableau : vous serez confinés, quoi > qu'il en coûte ; et ça vous coutera, croyez-moi.
Le sens que l'on peut lui trouver, un tableau, en particulier un chef-d'œuvre a une infinité de sens ...
Personnellement ce radeau n'est pas l'image du confinement, confinement que je vis un peu comme une chance, Ce radeau m'évoque plus un groupe de dirigeants désemparés, à la merci du vent et des vagues ...
---------------------------------------
Il y a bien longtemps que je n'ai vu cet oeuvre là, qqs décennies. Cette vignette de l'Internet en fait perdre les dimensions dont je ne me souviens plus exactement. Il y avait moult détails. Le tableau était grand et moi petit. Je le reverrai avec curiosité.
À le revoir ici je perçois d'abord le cadrage, une composition bien serrée sur le sujet. La masse générale, le poids, sont plutôt à droite. Et je dirai fermé à droite et ouvert à gauche. La lumière fermée aussi du même côté, la clarté du ciel ouvert vient de l'opposé.
Le vent indique, justement remarqué par VestPocket, que si le radeau doit aller c'est plutôt vers la gauche, que si quelqu'un doit venir c'est plutôt de la droite.
Il y a opposition entre la situation et la composition, pour dire. Je me demande bien où est le salut ? L'espoir semble à bord d'un partie de l'esquif néanmoins. Et il y a ce gars qui à l'air de me regarder la tête appuyée sur sa main, c'est lui le réaliste ?
C'était un chef d’œuvre parce que c'est bien peint et bien composé et parce le quidam aime les faits divers, c'est bien connu :)
Ça reste un chef d’œuvre aujourd'hui parce qu'il est bien liké sur les réseaux sociaux.
Si j'avais fait la photographie, en 5x12 pour le moins, j'aurai cadré moins serré en contextualisant. Ça aurait été un autre sujet mais un chef d’œuvre aussi, naturellement ! ;)
Voilà, vous avez lu mes sottises du Dimanche. Bien à vous.
---------------------------------------
Zoran écrivait: ------------------------------------------------------- > Simple paraphrase… Non, c'est juste que vous ne savez pas utiliser le pronom « dont », ce qui rend votre phrase incorrecte. —————————————————————————————————— .: jeanbaPhoto ::: jeanbaBlog :.
--------------------------------------- Vest Pocket écrivait: ------------------------------------------------------- > CPB écrivait: > -------------------------------------------------- > ----- > > > > > Serait-il possible de rendre ce charabia > > compréhensible ? > > > > En essayant de réfléchir ?
En se relisant avant de poster, plutôt...
Pour en revenir à la demande, le sens à peine caché de cette œuvre est évident. Nous avons un mât, à demi coupé, que chacun peut reconnaître comme un symbole phallique inconsciemment mutilé. L’amoncellement de corps corrompus c’est bien sûr un mont de Vénus. Le corps face contre le plancher du radeau (on dit que Delacroix a posé) représente l’enfant rejeté. Ce tableau représente donc la liaison coupable du peintre avec sa tante, la douleur de devoir y mettre fin, la souffrance qui en résulta et leur enfant qu’il refusa de reconnaître. Cette brève analyse prouve une fois encore qu’il est indispensable de connaître la vie de l’auteur d’une œuvre pour en parler de façon féconde et péremptoire. Petite remarque sur les pieds dans l’oeuvre du peintre: il semble qu’en réalité il n’aimait pas les peindre, à preuve son Mazeppa, tout nu avec des chaussettes. Ou alors, fétichisme caché ?
Charles
Modifié 2 fois. Dernière modification le 10/05/20 10:13 par CPB.
---------------------------------------
jeanba3000 écrivait: ------------------------------------------------------- > Zoran écrivait: > -------------------------------------------------- > ----- > > Simple paraphrase… > > Non, c'est juste que vous ne savez pas utiliser le > pronom « dont », ce qui rend votre phrase > incorrecte.
Le sujet qu'on peut tirer de ce tableau en dehors de ses aspects illustratifs.
Alors une suggestion, une idée ?
---------------------------------------
CPB écrivait: ------------------------------------------------------- > Vest Pocket écrivait: > -------------------------------------------------- > ----- > > CPB écrivait: > > > -------------------------------------------------- > > > ----- > > > > > > > > Serait-il possible de rendre ce charabia > > > compréhensible ? > > > > > > > En essayant de réfléchir ? > > En se relisant avant de poster, plutôt... > > Pour en revenir à la demande, le sens à peine > caché de cette œuvre est évident. Nous avons un > mât, à demi coupé, que chacun peut reconnaître > comme un symbole phallique inconsciemment mutilé. > L’amoncellement de corps corrompus c’est bien > sûr un mont de Vénus. Le corps face contre le > plancher du radeau (on dit que Delacroix a posé) > représente l’enfant rejeté. Ce tableau > représente donc la liaison coupable du peintre > avec sa tante, la douleur de devoir y mettre fin, > la souffrance qui en résulta et leur enfant > qu’il refusa de reconnaître. > Cette brève analyse prouve une fois encore > qu’il est indispensable de connaître la vie de > l’auteur d’une œuvre pour en parler de façon > féconde et péremptoire. > Petite remarque sur les pieds dans l’oeuvre du > peintre: il semble qu’en réalité il n’aimait > pas les peindre, à preuve son Mazeppa, tout nu > avec des chaussettes. Ou alors, fétichisme caché > ?
Naufrage n°2, la lecture projective : faute d'identifier un sujet on lui en invente un. Cela dit on progresse : Géricault n'est plus accusé d'être incapable de peindre des pieds.
Modifié 1 fois. Dernière modification le 10/05/20 10:22 par Zoran.
---------------------------------------
JyL écrivait: ------------------------------------------------------- > Il y a bien longtemps que je n'ai vu cet oeuvre > là, qqs décennies. > Cette vignette de l'Internet en fait perdre les > dimensions dont je ne me souviens plus > exactement.
491 × 716 cm
> Le vent indique, justement remarqué par > VestPocket, que si le radeau doit aller c'est > plutôt vers la gauche, que si quelqu'un doit > venir c'est plutôt de la droite.
C'est le cas.
> Il y a opposition entre la situation et la > composition, pour dire. > Je me demande bien où est le salut ?
Il arrive sur la droite de la ligne d'horizon, en chargeant l'image de la page wiki on aperçoit clairement le navire qui s'approche.
> L'espoir semble à bord d'un partie de l'esquif > néanmoins.
Intéressant
Modifié 2 fois. Dernière modification le 10/05/20 10:33 par Zoran.
---------------------------------------
Sujet d'actualité [ www.sosmediterranee.fr] (faire défiler les images) et doublement d'actualité [ www.bing.com] R.A.S. Modifié 1 fois. Dernière modification le 10/05/20 10:59 par Pierre L.
--------------------------------------- Zoran écrivait: ------------------------------------------------------- > > Naufrage n°2, la lecture projective : faute d'identifier un sujet on lui en invente un. Trop d'honneur. C'était juste un léger foutage de gueule des exégètes de forums et des psychanalystes de comptoir. Mais si vous voulez rester dans le sérieux, il y a ceci que bien entendu vous connaissez bien et que je cite pour ceux qui cherchent à comprendre sur quel chemin tordu vous voulez les guider. Charles
--------------------------------------- Romantisme : toujours d'opérette.
Psychanalyste : toujours de comptoir.
A insérer au dictionnaire de Flaubert :)
---------------------------------------
CPB écrivait: -------------------------------------------------------
> [url=https://www.latribunedelart.com/gericault-le- > radeau-de-la-meduse-et-l-ideologie-du-seul-but-d-a > rt-1305-1305-1305-1305-1305-1305-1305-1305-1305-13 > 05-1305]ceci[/url] que bien entendu vous > connaissez bien et que je cite pour ceux qui > cherchent à comprendre sur quel chemin tordu vous > voulez les guider.
Le sujet n'est pas l'interprétation subjective qu'on en fait (politique, sociale etc), dégager le sujet d'une œuvre doit être objectivement valable. Il y a même une méthode : [url]https://galerie-photo.com/comment-analyser-une-photographie.html[/url] Pas de pot, le contenu a disparu :)
Ce qui nous évite le Naufrage n°3 : se fier à ce qu'un "autre" en dit pour se faire une idée. Il n'est d'ailleurs pas utile d'avoir de l'érudition, il suffit d'ouvrir les yeux et de regarder le tableau.
En toute logique, je ne donnerai pas la réponse, j'ai donné des indications, elles sont suffisantes.
---------------------------------------
Zoran écrivait: -------------------------------------------------------
> En toute logique, je ne donnerai pas la réponse, > j'ai donné des indications, elles sont > suffisantes.
Cela me semble sage et constructif
---------------------------------------
Zoran écrivait: ------------------------------------------------------- > > connaissez bien et que je cite pour ceux qui > Il y a même une méthode : > [ galerie-photo.com] > tographie.html > Pas de pot, le contenu a disparu :) Il y a éventuellement ça : [ galerie-photo.com]
--------------------------------------- Bonjour Zoran
Dans l'analyse d'un tableau ou une œuvre d'art en général, l'érudition est une lampe de poche qui permet de l'éclairer, avec son faisceau étroit,
Faisceau étroit, car par principe lié à nos propres connaissances lesquelles sont par nature plus ou moins limitées.
Dans le cadre particulier de ce tableau, l'ambition était également politique ou tout au moins dans un engagement de ce type (disons que le sujet faisait polémique); c'est en partie pourquoi j'ai cité les deux liens précédents. Ces deux sujets pourraient, dans le même esprit, donner matière à un Géricault contemporain en s'inspirant de la même dramaturgie.
Pour le reste, je ne commente pas, ni n'approfondi la question de son statut de chef d'œuvre, faisant mienne votre phrase "il suffit d'ouvrir les yeux et de regarder le tableau"
Modifié 2 fois. Dernière modification le 10/05/20 14:34 par Pierre L.
---------------------------------------
Pas facile à photographier les toiles comme celle de Géricault, travaillées au bitume de Judée, cher à Nicéphore ! Comment Angèle Dequier, la photographe, s'y est elle prise ?
Faudra penser à poser la question sur le forum Galerie Tableau :-))
---------------------------------------
Norma écrivait: ------------------------------------------------------- > Pas facile à photographier les toiles comme celle > de Géricault, travaillées au bitume de Judée, > cher à Nicéphore ! > Comment Angèle Dequier, la photographe, s'y est > elle prise ? > > Faudra penser à poser la question sur le forum > Galerie Tableau :-))
J'ai eu l'occasion de photographier des tableaux pré-impressionniste, école de Barbizon, avec du bitume de Judée un peu partout, c'est plus un problème de photogravure que de prise de vue, pour la PdV il convient d'être sous-ex à la limite de ce qui est possible ...
Modifié 1 fois. Dernière modification le 10/05/20 16:32 par Nestor Burma.
---------------------------------------
Bien que de fortes idées se soient exprimées et puisqu’il ne donnera pas la réponse, je le fais à sa place. Ce tableau nous apprend que contrairement à la légende, Géricault n’était pas trompettiste. wikip donne une photo un peu meilleure que la sienne
--------------------------------------- Pour moi (plus sérieusement que mon précédent message), le tableau représente une double opposition, figurée en croix de St André; ce n'était peut-être pas la question mais c'est ma réponse ;-)
- il oppose le désespoir (solitaire) à l'espoir (social) (du bas à gauche vers le haut à droite). Cette diagonale est purement humaine, le salut ne peut venir que de l'effort et l'entraide, malheur à ceux qui s'apitoient sur eux-mêmes, comme les personnages lugubres du coin inférieur gauche.
- la deuxième opposition est celle de la mort, du destin. Elle circule de l'eau en bas à droite, symbole de l'en-deça et de la mort, vers la vie représentée par l'éclairage étrange du tableau. Cette "sombre clarté" vient du centre, de l'horizon, et du coin supérieur gauche. Elle n'est pas humaine. En l’occurrence nos héros dépendent de l'élément médiateur par excellence : le vent qui souffle sur cette diagonale fatale, et qui ne les pousse pas toujours dans la bonne direction.
La conjugaison de ces deux oppositions est ce qui réalise pour moi ce chef-d’œuvre : il y a une hiérarchie enchevêtrée, pas d'espoir sans coup de pouce du destin, pas d'humanité sans transcendance, no woman no cry. Au final je dirais que c'est un tableau grandiose car il marie une vision politique (tous égaux noirs ou blancs, matelots ou officiers -- devant la mort), à une mystique énergétique et esthétique de l'espoir et du désespoir. Bon vent à tous.
---------------------------------------
Bonsoir, Dans ce tableau, mélange de folie, d'illogisme dans la représentation, d'invraisemblance même, il y a un personnage á part, une figure vaguement divine, soulignée de rouge par une sorte de cape, pensif, détaché de la situation, au centre d'une composition explosive, entre les demi morts et les exhaltés. Peut être que lá se trouve la clef, je n'en sais rien et n'ai aucune envie d'interpréter.
Gabriel gabrielramon.com
Modifié 1 fois. Dernière modification le 10/05/20 22:49 par Gabriel.
---------------------------------------
Citation
Dans ce tableau, mélange de folie, d'illogisme dans la représentation, d'invraisemblance même, je n'ai aucune envie d'interpréter.
Tout est dit ! Ce tableau crée de l'émotion mais il ne faut pas trop l'analyser. Pour moi un radeau à plat sur une mer démontée est déjà une absurdité.............. mais je ne m'arrête pas à ce détail car il a une autre puissance que le réel. Cette émotion est dans mon intime, pas dans l'analyse, ni dans l'exégèse.
--------------------------------------- |